Dans les yeux de

Dans les yeux de
Camille ESCORNEBOUEU

Mardi 24 Avril - 2h43

“Je travaille chez DESERTOURS depuis six ans. En charge du suivi et du coaching des équipages, mon rôle consiste à à guider les participantes dans la préparation de leur projet, de leur inscription au jour J du rallye. Sur le terrain, j’assure la « Relation équipages », je suis la référente, le lien entre les équipages et l’Orga et je suis là pour répondre à toutes leurs questions.

La plupart des candidates à l’aventure rencontrent des difficultés pour boucler le budget à temps, elles perdent parfois espoir. Avec les autres coachs, je les soutiens en les conseillant en fonction de leurs hobbies et de leurs personnalités : c’est vraiment du cas par cas. Le sponsoring représente environ 50% du prix de l’engagement, qu’il convient de compléter en organisant des soirées à thèmes, des évènements sportifs, des ventes d’objets créés ou récupérés auprès des sponsors. Les Roses ont de l’imagination, cette année il y a même eu une ventes aux enchères ; elles ont juste besoin d’un coup de pouce, d’une oreille qui les écoute.

Pour le Trophée Roses des Andes 2018, j’ai coaché 14 équipages avec lesquels j’ai parfois créé des liens qui vont au-delà d’une simple mission professionnelle, car nos échanges téléphoniques très réguliers font que j’entre en quelque sorte dans leur intimité. Cela a été le cas avec Lydiane et Estelle de l’équipage 47 par exemple. J’ai également adoré travailler avec « les deux Sandrine », les cousines de l’équipage 25. Catherine et Chrystelle de l’équipage 22 m’a beaucoup touchée aussi, comme Carolina et Karine de l’équipage 99 qui ont gagné la course (je viens de l’apprendre !), j’en suis très heureuse pour elles.

Mais des coups de cœur interviennent aussi sur le rallye avec des filles que je n’avais pas suivies auparavant. J’ai envie de citer Marie et Mané (équipage 114) et leurs doudounes orange, elles avaient la banane du matin au soir ! Mais aussi Linda et Céline (équipage 10) et les 33 Babeth et Betty, ou encore Carole et Virginie qui vit ce rallye comme une revanche sur la vie : il y a un an, elle suivait un traitement de chimiothérapie… Certaines histoires nous marquent, toutes les Roses en ont une.

C’est ce qui me plait dans mon métier, diversifier les relations humaines et rencontrer des personnes qui m’apportent quelque chose à travers leur manière de vivre la course. Je ne suis pas là pour me faire des amies mais je rencontre vraiment des très belles personnes. »

Dans les yeux de
AUDREY COMBOURIEU (EQUIPAGE 56)

Lundi 23 Avril - 9h53

Nous avions repéré Audrey au Village-Départ au stand des blogs-équipages. Elle affichait son désir de se couper du monde et de la technologie pour plonger à 100% dans l’aventure du Trophée Roses des Andes. Au fil des étapes, cette participante s’est démarquée par une « coolitude » assumée : « On n’est pas là pour gagner, on profite, on s’éclate ».

Ce soir à Santa Rosa de los Pastos Grandes, Audrey nous a démontré toute sa grandeur d’âme et son ouverture d’esprit exemplaires, doublées d’un humour décapant ! A peine arrivée dans le village, elle a trouvé une hôte de choix en la personne de Caterina et a pu poser ses bagages dans son habitation très modeste, avec sa coéquipière Virginie et leurs acolytes durant tout le rallye Karine et Emilie (équipages 110). Touchée par la gentillesse de cette famille andine, elle nous a confié avoir eu envie d’adopter Augusto, le petit dernier avec qui elle a joué au foot dans un grand match Argentine/France improvisé. Caterina, a déplacé le peu de meubles pour installer des matelas, à même le sol (pas de carrelage ou de parquet ici…) afin que ses invitées passent la meilleure nuit possible.

Et cette nuit-là, les quatre fantastiques ne sont pas près de l’oublier ! D’abord, parce qu’elles n’ont pas eu froid, contrairement aux participantes qui ont opté pour le bivouac dans l’école. Mais aussi et surtout parce qu’une petite souris est venue leur rendre visite au beau milieu de la nuit… Ni une ni deux, Karine la copilote du 110, après avoir appelé en vain sa maman à la rescousse, a décidé de faire le guet pour permettre aux trois autres de dormir, en lisant un bon livre. Elle n’en était plus à ça près, elle qui a passé le rallye à râler, aux dires de ses copines, et qui n’attendait qu’une chose : l’hôtel pour se laver et enfin bien dormir !

Nous pourrions écrire des pages entières sur ce quatuor de choc, qui avoue avoir trouvé dans l’altitude et la fatigue une forme d’ivresse qu’elles ont adorée : elles ne comptent plus les fous-rires partagés, jusqu’en avoir mal aux abdos… Virginie quant à elle a eu un autre symptôme symbolique : « j’ai oublié mon code PIN, il est resté là-bas », nous a-t-elle confié au bord de la piscine de l’hôtel du Sheraton à Salta lundi soir. Si ça, ce n’est pas faire le vide ! Audrey quant à elle a eu un déclic durant le rallye, elle veut un deuxième enfant : elle l’appellera Augusta ou de préférence Augusta dit-elle toujours en blaguant. Plus sérieusement, elle a téléphoné à son mari pour lui apprendre la nouvelle et il en a pleuré ! Les pages qui s’écrivent durant le Trophée Roses des Andes dépassent souvent le cadre-même du rallye…

Et pour revenir à cette nuit inoubliable chez l’habitant et au très bel esprit d’Audrey, nous retiendrons qu’elle a laissé une grande partie de ses affaires à Caterina son adorable hôte et ses deux fils. « J’ai failli lui laisser mon alliance ! » plaisante-t-elle, à son habitude. Virginie, Karine et Emilie ont suivi et ont même laissé notamment une tente et des duvets, touchées par les conditions de vie si élémentaires et la générosité de cette famille du bout du monde.

 

 

Dans les yeux de
Leslie Lesot

Dimanche 22 Avril - 1h27

Trabajo para Desertours desde hace 7 años. Responsable de los comisarios y de la clasificación, me aseguro del buen emplazamiento de los comisarios en la carrera durante el recorrido de la etapa y recopilo los datos anotados, los cuales me son necesarios para establecer la clasificación.

En cuanto a la clasificación, se juega principalmente viendo el kilometraje, ya que estamos en presencia de un conjunto de participantes competentes, que no tienen casi penalidades. Cada día, todo puede cambiar. Entre las etapas 2 y 3 por ejemplo, dos equipos que coronaban el pódium se vieron salir de él. Al igual que entre la 3 y la 4. Este año, no hay un líder intocable. Lo pudimos pensar en un momento con Marine y Marie (equipo 127) o con las canadienses Francesca y Annie (equipo 129) pero no hay nada de seguro, todo es posible.

En cuanto a las penalidades, algunas pueden al igual influenciar la clasificación. Como en el caso de la más importante de entre ella llamada “Sector de pista impuesto” inaugurado en el Reglamento de esta edición aniversario del RDA. Nueva penalidad incluida en el Reglamento deportivo de este año, sancionamos el no respecto de un paso obligatorio y el cual se debe para proteger las zonas sensibles en termino de medio ambiente. En estos sectores que conviene absolutamente de preservar en su estado puro, prohibición formal de hacer cortes. ¿El riesgo expuesto? – 400 puntos. Dos equipos cayeron en esta regla esencial hoy, lo que nos deja prever que se les acabo toda esperanza en la clasificación general.

Otra penalidad importante, la ayuda en la orientación. Las competidoras con dificultades en la navegación, pueden beneficiar de la asistencia de la Organización para reorientarlas. Lo cual les cuesta 300 puntos de menos tanto accionando su baliza (lo más frecuente cuando están perdidas) o esperando el paso de un vehículo de la organización. Al igual existen penalidades menos fuertes, como la ausencia de luces de posición (20 puntos) o la ayuda mecánica (50 puntos).

Lo que me gusta de mi misión, recae principalmente en sentir el orgullo de las participantes con sus rendimientos al llegar, o por el contrario, ayudarlas a pasar una mal rendimiento. Mi papel está también en recordarles que cada etapa es independiente: no es porque que se han equivocado un día, que la etapa de después no la pueden ganar. Me gusta mucho motivarlas para que vuelvan a empezar cada etapa con más fuerzas.

La utilización reciente del Tripy es realmente muy interesante. Esta herramienta permite apuntar los kilómetros recorridos una vez en el CP llegada. Así las Rosas conocen inmediatamente sus distancias, y pueden compararse con los demás equipos.

Esta noche, dos momentos fuertes a resaltar. Por una parte el día complicado dele quipo 127: Marie y Marine que estaban en la cabeza desde el primer día, vivieron una etapa difícil teniendo en cuenta el buen rendimiento de los demás equipos. Fue el equipo 99, compuesto por Carolina y Karine que tomaron la cabeza de la clasificación general después de una progresión bastante constante. 13ras en el entrenamiento de la primero etapa, después fueron 5tas, 2ndas en la cuarta etapa y a día de hoy son primeras. ¡Que ganas tengo ver que pasara en el Maratón!

Dans les yeux de
participantes héroïques

Samedi 21 Avril - 2h07

Ces Roses héroïques, ce sont Lydiane et Estelle (équipage 47), Marie et Marine (équipage 127), Laetitia et Candice (équipage 91), Marie et Emmanuelle (équipage 114), Cindy et Caroline (équipage 95).

Nous les avons croisées à 1 :15 du matin, dans la salle du restaurant du bivouac de Susques. Très marquées par la fin épique de leur étape, elles ne tarissaient pas d’anecdotes pour raconter leur traversée du fameux dernier rio en pleine nuit et en petit convoi hyper solidaire. Sans se lâcher, elles ont mis environ deux heures pour aller du CP2 au goudron. Franchir cette portion d’étape de jour n’a pas été chose facile ; on imagine à quel point cela a dû être compliqué dans la nuit noire.

Pour pallier cette situation extrême à tous points de vue, elles ont multiplié les astuces et attitudes pleines de bon sens. Il a fallu doser la distance entre chaque véhicule : pas trop près pour éviter la poussière, pas trop loin pour ne pas perdre du vue les phares des voisines. Sans aucuns repères visuels, impossible de retenir un cap à l’œil nu, ou de repérer un obstacle. Mais avec cette équipe de choc, chaque problème a trouvé sa solution : les 4×4 se sont succédé à l’ouverture, pour mieux gérer le stress. Puis elles ont improvisé des codes. Un trou ? Un véhicule perdu de vue ? Le réflexe warning signalait un incident et toutes se mettaient à l’arrêt pour s’informer du danger. Elles se sont aussi sorties de deux tankages, signalés par un coup de klaxon, en poussant dans le sable après avoir installé les plaques sous les roues ensablées.

A les entendre parler, on devine que cette épreuve sera à coup sûr le temps fort de leur Trophée Roses des Andes. A aucun moment elles n’ont craqué, ni souhaité déclencher leur balise qui aurait pu provoquer l’assistance immédiate de l’Orga. Elles sont restées concentrées et soudées jusqu’à franchir la ligne d’arrivée à 23 :43 pétantes. Elles prennent déjà la mesure de l’exploit qu’elles viennent de réaliser et même si cela a été très difficile, mentalement et physiquement (elles ont roulé environ 15 heures aujourd’hui !), elles savent qu’elles ont touché du doigt l’essence même du rallye-raid. A 2 :00 du matin, cinq d’entre elles racontaient encore leur exploit à des participantes admiratives, pendant que les autres savouraient le bonheur d’une bonne douche.

Un immense bravo à vous dix !

Lydiane, Estelle, Marie, Marine, Laetitia, Candice, Marie, Emmanuelle, Cindy et Caroline. Vous avez été grandioses !

Dans les yeux de
Etienne Drapeau

Vendredi 20 Avril - 1h42

« Après cette seconde étape du Trophée Roses des Andes, je suis plongé dans une atmosphère qui m’était jusqu’alors inconnue et qui me bouleverse déjà. Je n’avais jamais participé à un rallye et l’Argentine n’était pour moi qu’une belle inconnue. J’ai pas mal voyagé mais je n’ai jamais vu pareils paysages : tout est immense, les décors sont sublimes, je n’ai jamais rien contemplé d’aussi beau ! Quand je suis arrivé à San Antonio des los Cobres, cette petite ville perchée au milieu de nulle part, dans l’après-midi, j’ai aussitôt senti, notamment quand j’ai découvert l’école, qu’il allait se passer quelque chose de très particulier. Et lors du spectacle offert par les enfants, les danses et les costumes traditionnels, j’ai été submergé par une émotion intense. J’ai aussi eu le plaisir et l’honneur de chanter sur scène avec eux. C’est au-delà de la joie : ce soir je ressens de la gratitude et je réalise à quel point j’ai de la chance d’être là. Et ce n’est pas fini… »