Leslie Lesot

Je travaille chez Désertours depuis maintenant 7 ans. Responsable des commissaires et du classement, je veille notamment au bon placement des commissaires de course sur le parcours de l’étape et je récolte les données qu’ils ont recueillies, qui me sont nécessaires pour établir le classement.

Pour ce qui est du classement justement, il se joue principalement au kilométrage car nous sommes en présence d’un plateau de concurrentes performantes, qui ont peu de pénalités. Chaque jour, tout peut évoluer. Entre les étapes 2 et 3 par exemple, deux équipages qui trônaient sur le podium l’ont subitement quitté. Idem entre la 3 et la 4. Cette année, il n’y a pas de leader intouchable. On a pu le penser pour Marine et Marie (équipage 127), ou pour les canadiennes Francesca et Annie (équipage 129) mais il n’en est rien, tout reste possible.

Concernant les pénalités, certaines peuvent également influer sur le classement. C’est le cas de la plus lourde nommée « Secteur de piste imposé » inaugurée sur cette édition anniversaire du RDA. Nouvelle pénalité inclue au Règlement sportif cette année, elle sanctionne le non-respect d’un passage obligé, et vise à protéger des zones sensibles en terme d’environnement. Sur ces secteurs, qu’ils convient absolument de préserver à leur état pur, interdiction formelle de faire des coupes. Le risque encouru ? -400 points. Deux équipages ont failli sur cette règle essentielle aujourd’hui, on peut considérer qu’ils ont tué tout espoir au classement général.

Autre pénalité importante, l’aide à l’orientation. Des concurrentes en difficultés de navigation peuvent bénéficier de l’assistance de l’Organisation pour les réorienter. Cela coûte 300 points, qu’elles déclenchent leur balise (cas le plus fréquent quand elles sont perdues) ou qu’elles attendent le passage d’un véhicule organisateur sur la piste. Il existe également des pénalités moins lourdes, comme l’absence des feux (20 points) ou encore l’aide mécanique (50 points).

Ce qui m’anime dans ma mission, c’est principalement ressentir la fierté des participantes quant à leur performance à l’arrivée, ou a contrario, les aider à surmonter une contre-performance. Mon rôle est aussi de leur rappeler que chaque étape est indépendante : ce n’est pas parce qu’elles se sont plantées un jour, qu’elles ne vont pas gagner l’étape le lendemain. Je prends plaisir à les encourager pour qu’elles repartent reboostées.

L’utilisation récente du Tripy est également très intéressante. Cet outil permet un relevé des kilomètres parcourus dès le CP Arrivée. Ainsi, les Roses connaissent immédiatement leurs distances, qu’elles peuvent comparer avec les autres équipages.

Ce soir, deux faits marquants à signaler. D’une part, la journée compliquée et la chute au classement de l’équipage 127: Marie et Marine qui étaient en tête depuis premier jour (2èmes puis 1ères) ont vécu une étape difficile compte-tenu de la performance des autres équipages. C’est l’équipage 99, composé de Carolina et Karine qui prend la tête du classement général après une progression très constante. Arrivées 13ème au warm-up, elles sont au fil des étapes passées à la 5ème, à la 2nde puis à la 1ère aujourd’hui. J’ai hâte de voir ce que le Marathon va donner !

 

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